La crise des finances publiques est un phénomène sans doute assez durable et il est très probable que le financement des futures LGV va devenir difficile. On a vu la difficulté à boucler le financement de la LGV Tours – Bordeaux pourtant la plus rentable de celles qui restent à construire.

Le SNIT, dans sa dernière version, ne prévoit plus aucune échéance de réalisation. Enfin, il est illusoire d'imaginer un financement massif par l'UE de lignes dont l'intérêt est très essentiellement national. Même si l'Europe a un jour la possibilité d'emprunter, elle devra répartir ses financements sur 27 pays ; et il n'est pas douteux que, dans un souci de convergence, elle privilégiera les pays les moins riches et les moins bien dotés en matière ferroviaire et les maillons inter-Etats dont la rentabilité est toujours plus faible.

C'est pourquoi nous sommes convaincus que des choix budgétaires devront être faits. Nous souhaitons que ces choix privilégient les projets ferroviaires intéressant la vie quotidienne et la modernisation du réseau existant.

Pour ce qui est de POCL, s'il doit se réaliser un jour, les fonctionnalités des différents tracés, sauf le tracé Est et ceux passant par Macon, sont finalement assez proches.

Les différentes études, y compris l'étude CODE, montrent que les temps de parcours sont très voisins pour la quasi totalité des villes auvergnates et que l'enjeu se résume à savoir si Montluçon sera à 1h25 ou 2h05 de Paris !

Une différence de prix de 1 milliard 200 millions n'est pas une paille… En tout état de cause, nous souhaitons que le critère environnement - naturel et humain - soit le critère discriminant en matière de choix du tracé.

Un dernier mot concernant le financement : s'agissant d'une infrastructure d'intérêt national, nous ne sommes pas favorables à une participation régionale, sauf pour les connexions avec le réseau classique et pour la gare nouvelle et l'intermodalité.

Nous disons et redisons qu'une ressource nouvelle est à créer pour financer le développement du ferroviaire en France, clairement affectée à ce seul objet. Elle pourrait provenir d'une contribution climat-énergie prélevée sur les moyens de transport les plus polluants ou d'une majoration de la TIPP.

Et par ailleurs il nous apparaît indispensable que le prochain gouvernement s'intéresse aussi très rapidement à la révision du SNIT dans un souci de réalisme, à la lumière des contraintes des finances publiques, dans une optique d'efficacité.

Chaque euro investi devra favoriser un transfert modal maximal. Cela concerne avant tout les déplacements de courte et moyenne distance, mais aussi le fret. Les enjeux sont majeurs : la nécessité de réduire l'empreinte écologique en terme d'espace, d'émission de polluants gazeux, d'économiser drastiquement une énergie pétrolière qui se raréfiera et sera de plus en plus chère, et de permettre à notre économie de continuer à fonctionner et à nos concitoyens de se déplacer.