Session budgétaire - Discours de Nicole Rouaire sur la culture
Par Groupe EELV le lundi 12 décembre 2011, 10:42 - Voeux, discours, communiqués - Lien permanent
Depuis plusieurs années, nous sommes confrontés à des
bouleversements importants, conséquences d’un modèle de développement du
toujours plus : plus vite, plus loin, plus rentable, plus de choses
inutiles, quelles qu’en soient les conséquences sur la vie des êtres vivants et
sur la planète. Ce modèle économique (qui touche aussi le secteur culturel)
enferme l’homme dans un rôle de producteur / consommateur qui atteint
aujourd’hui ses limites.
Nous entrons désormais dans une nouvelle période de l’histoire de
l’humanité qui nous amène à repenser la vie en société, à résister, à lutter
pour se réapproprier notre vie et notre environnement. Dans ces périodes de
fortes mutations, les avancées scientifiques et technologiques ne peuvent
suffire pour trouver des réponses aux problèmes, et nous avons plus que jamais
besoin d’outils de pensée et de connaissance que nous apportent l’éducation et
la culture.
L’art contribue à la fabrique du citoyen et de la société. Il interpelle le
quotidien dans sa poésie ou son absurdité. La présence visible des artistes
dans notre environnement quotidien et leurs propositions de lecture du monde
nous donnent des outils indispensables à la sauvegarde de la liberté, de la
tolérance, et de la solidarité. L’art est aussi un rempart contre
l’uniformisation du monde et des cultures.
Ainsi, la culture, en tant que ressource sociale, s’inscrit et doit
s’inscrire durablement dans notre projet politique régional. Une région où il
fait bon vivre, ouverte sur le monde, une région attractive, dynamique, c’est
une région où chacun se sent à sa place, utile à ses concitoyens et respecté
dans son identité. Personne ne doit avoir le sentiment d’être traité en
habitant de seconde catégorie.
Facteur de cohésion sociale et d’émancipation, moteur des émergences
citoyennes, contribution à la vitalité économique, la culture est une
vraie chance pour les territoires.
La politique culturelle de la Région Auvergne qui vous est proposée
tient compte de ces constats. Elle s’appuie sur la diversité : la
diversité des habitants de l’Auvergne, la diversité des territoires et des
lieux, la diversité des formes artistiques, la diversité des esthétiques,
etc.
Nous aurons besoin de mettre en place des espaces de co construction de
projets culturels, permettant la création, l’innovation, l’expérimentation, les
pratiques artistiques diversifiées, l’émergence, tant dans la proximité que
dans la coopération avec d’autres régions (françaises, européennes ou du
monde).
La région constitue un échelon pertinent pour engager cette réflexion et
lancer des chantiers. Les contraintes budgétaires que nous devons supporter ne
doivent pas nous exonérer de porter un projet ambitieux.
Ainsi, Monsieur le Président, chers collègues, nous vous proposons une
politique culturelle pour 2012 autour de quatre axes :
1er axe : Politique culturelle territorialisée et projets
culturels de pays : au-delà du changement d’appellation qui
montre notre volonté d’être encore plus à l’écoute de la diversité des
territoires, nous faisons évoluer nos modalités d’intervention en faveur d’une
action culturelle plus pérenne, plus tournée vers les habitants.
Cette politique territoriale comportera un volet opérationnel obligatoire
visant soit à accompagner, soit à permettre l’émergence d’opérations de
mutualisation : concrètement cela signifie par exemple la mise en place de
solutions de transports collectifs sur les lieux de spectacles ou la
mutualisation de l’enseignement musical à l’échelle d’un Pays.
Cette politique territoriale comportera également une liste de critères
précis à respecter par les organisateurs de manifestations culturelles, parmi
lesquels :
- Premièrement, la cohérence budgétaire entre les dépenses artistiques,
logistiques et de communication ;
- Deuxièmement, une politique d’ouverture en direction de nouveaux publics
;
- Ou encore des propositions d’activités toute l’année par la structure à la
population du territoire.
Bref, vous l’aurez compris, ce premier axe de la politique
culturelle régionale pour 2012 vise à donner davantage de sens, de lisibilité
et de cohérence au soutien financier de la Région.
2ème axe : Diversification des pratiques et des publics /
éducation artistique : afin d’éviter une trop grande
hétérogénéité des cibles, et toujours dans l’optiquede donner du sens et de la
lisibilité à nos interventions, nous proposons de mieux identifier les
publics concernés par les actions, en particulier les 16/30 ans, les publics
dits empêchés, ainsi que les publics éloignés de la culture.
Concrètement, il s’agit pour nous d’ouvrir durablement la culture, à ceux qui
jusqu’ici n’y retrouvaient ni leurs aspirations, ni leurs univers.
Ainsi, nous avons souhaité réorienter nos aides en faveur de la
sensibilisation et de la formation aux pratiques artistiques et culturelles, en
veillant à la diversité de celles-ci, et en soutenant les artistes par
l’obligation de rémunération de leur travail. Nous soutiendrons également des
projets reposant sur des professionnels de la culture engagés dans une
véritable démarche de transmission.
3ème axe : Structures culturelles au service de l’Auvergne
: festivals emblématiques, associations culturelles Transfo et
AMTA, Orchestre d’Auvergne, FRAC oeuvrent en faveur du dynamisme culturel, du
rayonnement et de l’attractivité de notre région.
4ème axe : Rayonnement du patrimoine régional
: nos interventions s’inscrivent dans la double préoccupation de
conservation et de valorisation du patrimoine matériel et immatériel, un
patrimoine dont l’impact sur l’économie régionale et l’emploi est très
important. Nos soutiens donneront donc la priorité aux projets lourds et
urgents.
Annexe : discours sur le domaine royal de Randan, le service
régional de l'inventaire, et les usages numériques
