Des Gros-culs testés en Auvergne
Par Groupe EELV le lundi 17 août 2009, 15:01 - Actu - Lien permanent
Les routes d'Auvergne vont accueillir en avant-première des poids-lourds de plus de 25 mètres De tels engins exigent des infrastructures spécifiques (leur poids chargé peut atteindre jusqu'à 60 tonnes), et bien évidemment, les finances des collectivités locales seront sollicitées à court ou moyen terme pour permettre à ces gros-culs de rouler...
Claude-Marie Vadrot (chroniqueur de Politis, nous en dit plus sur son blog
http://horreurecologique.blogspot.com/)
:
Dés l’année prochaine, des camions de 25 mètres (25, 25 exactement) de long
pourront emprunter les routes et les autoroutes françaises. Il s’agit de l’une
des concessions faite aux Suédois lors du récent voyage à Stockholm du
président Nicolas Sarkozy. L’initiative est également appuyée par les
Finlandais qui, comme les Suédois, admettent déjà la présence de ces
super-transporteurs routiers et aussi par les Danois. Avec la bénédiction de
l’Allemagne qui construit déjà ces monstres routiers et veut l’imposer aux
autres pays.
Ces camions qui seront donc 30 % plus longs que les engins déjà autorisés,
pourront transporter jusqu’à 50 tonnes de fret. Ceci malgré l’opposition, très
molle à vrai dire, du Commissaire européen aux Transports, Antonio Tajani nommé
récemment à cette fonction par José-Manuel Barroso à la demande de Silvio
Berlusconi.
De discrets essais sont en cours dans la Région Auvergne et ces monstres
bénéficient déjà de dérogations dans les zones portuaires où des sont autorisés
à porter des charges de 45 tonnes pour transférer des containers.
Officiellement, il s’agit de « diminuer le nombre des camions » mais
le lobby du transport routier à l'oeuvre sur ce sujet depuis plusieurs années,
vise à mettre le rail hors-jeu, la Commission encourageant, sous couvert de
concurrence ouverte, la fermeture des lignes de chemin de fer dans toute
l’Union Européenne ; à commencer par celles des anciens pays de l’Est. Là
où les chauffeurs coûtent beaucoup moins cher comme l’ont découvert depuis
longtemps, les entreprises de transports française, anglaise, italienne et
allemande.
Le résultat de cette nouvelle déréglementation pourrait, c’est l’objectif
recherché, entraîner au cours des premières années, une diminution de 20 % du
trafic-rail au profit de la route : la France des routes et des autoroutes
sera encore plus sillonnée de camions, au risque évident de contribuer à la
pollution et au réchauffement climatique, ces engins ne roulant pas à l’eau
claire et les premières études montrant qu’à la tonne, il consomme encore plus
de gazole. Le ferroutage, qui reste une promesse sans cesse renouvelée parce
que non tenue, ne pourra pas prendre ces monstres en charge. Une conséquence
parfaitement contraire aux objectifs du Grenelle de l’environnement comme le
font remarquer les responsables de France-Nature-Environnement qui ajoutent que
les parcours de ces camions seront allongés en attendant que de nombreux
aménagements routiers, comme les ronds-points, devront être modifiés. Ce qui
entraînera des coûts supplémentaires pour les collectivités territoriales. Sans
compter, évidemment, un dégagement plus important de gaz à effet de serre. Et
les accidents.
Il suffit enfin de lire chaque jour les dépêches de l’Agence France Presse ou
d’écouter les informations de circulation pour s’apercevoir que les camions
sont déjà de plus en plus impliqués dans les accidents quotidiens de la route.
Mais ce n’est pas grave puisque l’on sait que les accidents de la route
contribuent à faire croître le PIB.
Vendredi 10 juillet 2009 - Claude-Marie Vadrot
